Semaine 17

Bonjour à toutes et tous,

Avant de retrouver ci-dessous la sélection hebdomadaire de dix nouveautés reçues ces derniers jours, je vous fais part de trois idées de lectures noires qui traitent peu ou prou des mêmes thématiques autour de l’emprise numérique sur nos vies.

« Trackés » de Christophe Nicolas paru aux toutes nouvelles éditions Argyll.
En France, dans un climat de tensions sociales, un célèbre journaliste et lanceur d’alerte est froidement exécuté dans son appartement parisien.
Sur les lieux du crime, alors que certains concluent déjà à un acte terroriste, la capitaine de police Florence Roche exige d’être chargée de l’enquête. Placardisée pour raisons politiques, elle est déterminée à découvrir la vérité, quitte à ce que celle-ci déplaise à sa hiérarchie.
La policière trouve une alliée naturelle en Julia, fille du journaliste, mêlée malgré elle à l’affaire lorsqu’une des sources de son père la contacte, et la pousse dans les rouages d’une machination qui pourrait ébranler jusqu’aux fondations de notre démocratie.

Ce thriller aborde la corruption politique, les abus de pouvoir, la manipulation des médias (ou le choix d’orientation de l’info) mais aussi la vidéosurveillance, la récolte et l’utilisation dont la revente de nos données par les GAFAM pour aboutir à une chose : le contrôle social.

Le second roman de Benjamin Fogel « le silence selon Manon » est sorti en avril aux éditions Rivages. Ayant raté la sortie de son premier, j’ai donc enchaîné sur « la transparence selon Irina » qui vient de paraître en poche. Si certains personnages ont des des liens dans ces deux histoires, ces deux polars peuvent se lire séparément et pas forcément dans l’ordre chronologique.
Irina « vit » en 2058, Internet n’existe plus et est remplacé par le « Réseau » où toutes nos données, même les plus personnelles sont connues de toutes et tous, grâce à une puce électronique implantée sous la peau. Le Réseau cherche à réguler la paix sociale en fichant et notant chacun.e. Pour préserver une forme d’intimité, un certain nombre de gens choisissent d’évoluer sous pseudo dans la vie réelle, quand d’autres considérés comme cyberterroristes combattent cette transparence absolue. L’individualisme est devenu la norme et la surveillance technologique totale.
Manon, elle, vit demain, en 2025. Le harcèlement en ligne a pris de telles proportions que la police y consacre de plus en plus de moyens. Les masculinistes se réunissent sur des forums numériques où ils déversent leur haine des femmes. Cette haine « virtuelle » va se déverser dans la vie réelle.
Avec nuances, Benjamin Fogel nous invite à réfléchir sur notre servitude numérique, sur nos libertés individuelles sans cesse rognées par les « progrès » technologiques de surveillance, sur nos responsabilités dans ces pertes de libertés, sur l’utilisation non régulée et non contrôlée des moyens technologiques, sur nos croyances concernant les bienfaits (réels ou supposés) apportés par ces outils et sur notre réelle volonté de vivre en accord avec nos principes.
J’ai cru lire quelque part que ces deux romans s’inscrivaient dans une trilogie, j’ai hâte de lire le troisième roman de Benjamin Fogel.

Si comme moi, vous lisez ces trois romans quasiment coup sur coup, il est probable que vous n’ayez qu’une envie : quitter la réalité virtuelle des réseaux sociaux et profiter de la vie réelle autour d’une table, ou en contemplant l’océan ou nos Pyrénées.
Ça tombe bien, dès demain, vous pourrez sortir sans surveiller votre application numérique qui vous indique si vous êtes à plus ou moins 10 kilomètres de votre domicile 😉

Bon dimanche et belle semaine

Cédric

PS : « quand c’est férié, c’est fermé », la librairie sera donc fermée le samedi 8 et le jeudi 13 mai.

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Semaine 16 : merci

Bonjour,

retour de la sélection hebdomadaire en photos, accompagnée du kaléidoscope de samedi, jour de la Fête de la librairie indépendante.
Pour cette 4ème édition à L’Escapade, vous êtes encore venu.e.s en nombre pour manifester votre soutien et votre fidélité à votre librairie de proximité et je vous en remercie chaleureusement. J’espère que les romans que j’ai suggéré à certain.e.s d’entre vous, vous plairont autant qu’ils m’ont plu.
Merci également à toutes celles et tous ceux qui ont accepté de jouer le jeu de la photo pour montrer la bibliodiversité dans les librairies indépendantes.
Et merci à Kris pour le muguet 😉

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour cette manifestation.

[pour rappel, lors de cette journée, le livre édité à cette occasion sur la loi Lang était offert pour tout achat de livre sur place !
(si la personne qui a acheté un roman d’Alice Zeniter et à qui j’ai complètement oublié d’offrir ce livre se reconnait : je vous l’ai mis de côté, vous pouvez passer le chercher)]

J’attire votre attention sur le fait que les deux prochains samedis, 1er et 8 mai, seront fériés et vous rappelle donc le slogan associé : « quand c’est férié, c’est fermé ».

Lors de ces prochaines semaines, il est possible que mes collègues commerçants, cafetiers, restaurateurs et les lieux culturels puissent vous accueillir, dans des conditions non définies à ce jour : je compte sur vous pour leur manifester votre soutien comme vous l’avez fait pour les librairies indépendantes depuis de longs mois déjà.

Je vous souhaite de passer une belle semaine, avec de belles lectures.

Cédric

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Semaine 14 : Fête de la librairie indépendante

Bonjour à toutes et tous,

Le samedi 24 avril, L’Escapade participe à la 23ème édition de la « Fête de la librairie indépendante ».
Traditionnellement, à la San-Jordi, saint-patron des libraires en Espagne, est célébrée la journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

À cette occasion, pour tout achat d’un livre (ou plusieurs), une rose choisie par Stéphane Jaladi de l’Arôme des Sens et un livre vous seront offerts* (retour en photos sur l’édition 2020, décalée en juin pour cause de Covid).
Ce livre inédit, traditionnellement offert ce jour-là aux client.e.s des librairies participantes, est consacré aux quarante ans de la loi Lang. Inspiré des débats de l’époque, il revient sur l’histoire mouvementée de l’instauration du prix unique en France*, à l’été 1981, et sur ses bienfaits, notamment pour la librairie indépendante.
Depuis cette date dans toute la France, le prix des livres est fixé par l’éditeur : un livre neuf a le même prix sur les plateformes du Net, en grandes surfaces culturelles ou en librairies indépendantes (une remise de 5% est tolérée, mais non obligatoire ; à L’Escapade, vous cumulez cette remise sur votre carte de fidélité).
Dans cet ouvrage, des libraire, éditeur, autrice, auteur, dessinateur, historien abordent cet événement sous différents angles : historique, éditorial, journalistique et littéraire.
Ce livre fourmille d’anecdotes, sur la bataille qu’a dû mener le jeune Ministre de la Culture, contre la famille Leclerc et la Fnac, contre parfois certains de ses collègues socialistes au gouvernement, mais avec le soutien des sénateurs et députés de droite. Le monde du livre (éditeurs et libraires) était également partagé sur ce prix unique.
Aujourd’hui, il est peu probable que les uns ou les autres remettent en cause cette avancée majeure pour la richesse littéraire et éditoriale en France.

* dans la limite des quantités disponibles

Je vous donne donc rendez-vous le samedi 24 avril de 9h30 à 18h30 (journée continue) dans le respect scrupuleux des « gestes barrières » (masque, gel, espacement, jauge, ventilation …).
{la case 6 de cette attestation si vous habitez à plus de 10 kilomètres].

D’ici là, la librairie est ouverte du 12 au 15 avril, puis je prends quelques jours de congés du 16 au 20 avril. Réouverture le mercredi 21 avril.

Ci-dessous, vous retrouverez la sélection habituelle hebdomadaire avec notamment le nouveau livre de Laure Gasparotto, journaliste œnophile que nous avions accueillie en avril 2018 à la librairie, et le recueil savoureux des brèves de prétoire de Daniel Corsand, journaliste lui aussi.

Bonne semaine

Cédric

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Semaine 13 : confinement, tome 3

Bonjour à toutes et tous,

pour accompagner la sélection hebdomadaire, je vous confirme que durant les semaines à venir, la librairie devenue « essentielle » restera ouverte aux jours et horaires habituels.
Si vous habitez dans le département des Pyrénées-Atlantiques à plus de 10 km de la librairie, vous devez vous munir de la nouvelle attestation de déplacement et cocher la case 6.

Je me réjouis de pouvoir vous accueillir, mais je reste solidaire des collègues dont les établissements sont fermés depuis trop longtemps, et celles et ceux qui doivent à nouveau refermer leurs portes. Je vous invite à profiter des services des commerces qui pourront mettre en place des solutions de « retrait de commandes ».
Pour les Oloronais.es qui ne peuvent pas se déplacer, je vous rappelle que vous pouvez vous faire livrer à vélo par Eat’s Maud qui travaille avec de nombreux commerces et restaurants, dont L’Escapade.

Concernant la librairie, la « bamboche » avec les autrices et auteurs n’est pas encore pour tout de suite, ni avec le monde de la Culture d’une manière générale.
Mais si les restrictions ne se renforcent pas, je vous invite à cocher le samedi 24 avril dans votre agenda.
A l’occasion de la 23ème édition de la « Fête des librairies indépendantes », une rose choisie par Stéphane de l’Arôme des Sens et un livre vous seront offerts*. Cet ouvrage « Que vive la loi unique du prix du livre ! » célèbre les quarante ans de la loi Lang qui a instauré dans toute la France la vente des livres neufs à l’unique prix fixé par l’éditeur.
Évidemment, cette manifestation ne se tiendra que si la situation sanitaire le permet et en respectant scrupuleusement les « gestes barrières » (masque, gel, espacement, jauge, ventilation …).
(Retour en photos sur l’édition 2020 qui avait été décalée en juin)

PS : J’avais prévu de prendre quelques jours de congés du 16 au 20 avril, pour l’instant cette fermeture choisie est maintenue.

Bonne semaine,
et bon courage aux professeurs, élèves et familles qui vont renouer avec les joies de l’enseignement à distance.

Cédric

* pour tout achat de livres

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Semaine 12

Bonjour,

Comme chaque semaine, voici ma sélection subjective en dix photos de livres reçus récemment.
J’en ajoute une onzième pour vous signaler que les dernières nouveautés des éditions La Crypte, que vous aviez pu rencontrer lors de « Poésie dans les chais 2019 », sont désormais bien en place rue de la Cathédrale.

Comme évoqué la semaine dernière et après que cette nouveauté soit enfin arrivée jusqu’à Oloron (vive les joies de la logistique de la « chaîne du livre »), je vous invite vivement  à lire « Indésirable » le huitième roman de Erwan Larher qui vient de paraître aux éditions Quidam.

Certain.e.s  d’entre vous ont rencontré Erwan Larher en décembre 2017 à la librairie quand il est venu nous parler de son sixième roman « Le livre que je ne voulais pas écrire ».
Depuis, je crois que j’ai tout lu d’Erwan, même son amour pour Robert Smith.
Dans son œuvre, je mets à part « Le livre que je ne voulais pas écrire », qui fait partie des livres qui m’ont le plus bousculé depuis que je suis libraire (c’est Le livre de 2017 à L’Escapade).
Sur les six autres romans parus,  « l’abandon du mâle en milieu hostile » était mon préféré. Mais il est possible que « Indésirable » lui dispute la place.

Dans ce roman, Erwan questionne encore et toujours notre époque, et sculpte une langue. Il interroge le genre. Notre société change, bouge, évolue, il faut bien que ça se traduise dans la langue et son écriture.

Dans cette satire, il est question de différence, de « vivre-ensemble », de néo-ruraux, de désertification, de traditions. Erwan dézingue certains conservatismes de manière joyeuse. Il s’attache également à défendre une démocratie plus horizontale, une certaine idée de la culture et du patrimoine en milieu rural.
Pour celles et ceux qui suivent Erwan, vous imaginerez vite que « la maison du Disparu » est en fait le « Logis du musicien ». Des infos sur ce projet de résidence d’écrivains sont ici, et pour faire un don, c’est là !

Si comme moi, vous aimez la « politique rurale », les vieilles pierres et apprendre de nouveaux mots, vous ne serez pas déçu.e.s ! J’ai hâte de connaître la suite des aventures de Sam.

La quatrième de couverture
« Quand Sam Zabriski s’installe à Saint-Airy, dans la maison dite « du Disparu », le destin de ce village rural au riche passé historique bascule.
Ici, on se méfie des étrangers. Ici, on décatit entre soi. Ici, on a des certitudes, dont celle-ci que l’humanité se compose exclusivement d’hommes et de femmes. Or impossible de deviner à quel genre appartient Sam, par ailleurs énigmatique quant à son passé. L’incertitude et l’inconnu dérangent, les passions s’exaltent, les tensions s’aiguisent.
Après quelques escarmouches, la guerre est bientôt déclarée.
Personne n’en sortira indemne.
Roman noir, roman politique, étude de mœurs, Indésirable déroule cinq années de la vie d’un microcosme perturbé par l’arrivée d’un corps étranger. Et forge une langue pour exprimer le dissemblable
« .

En vous souhaitant de profiter de cette belle semaine printanière qui s’annonce.

Cédric

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Semaine 11 : Printemps des Poètes

Bonjour à toutes et à tous,

pour la seconde année consécutive, pour cause de « crise sanitaire », il n’y aura donc pas de soirée à la librairie à l’occasion du Printemps des Poètes.
Merci à l’association Livres sans frontières qui essaie néanmoins de faire vivre cette manifestation à Oloron par des affichages de poèmes divers et autres haïkus de Pierre-Emmanuel Michel dans la ville (notamment au Jardin public et dans la vitrine de la librairie), par une soirée spéciale sur Radio Oloron ce mardi 23 mars ou encore avec cette grille de mots croisés que vous trouverez à la fin de la sélection photographique hebdomadaire.

À L’Escapade, vous trouverez également une table consacrée au beau catalogue de la maison d’édition La Boucherie Littéraire, menée par le baroudeur Antoine Gallardo, capable d’enchaîner des centaines de kilomètres pour porter sa bonne parole de librairie en librairie à travers la France.
La Boucherie littéraire édite notamment Christine De Camy et Nicolas Vargas (qui sont déjà passés par la rue de la Cathédrale), mais aussi Estelle Fenzy, Thomas Vinau, Paola Pigani …
Sur cette table, vous trouverez aussi des carnets de notes / carné poétiques (avec des attestations dérogatoires de sortie) et le numéro de téléphone pour écouter sur la ligne du Désir de la Boucherie des extraits de différents poèmes.

A l’occasion de cette 23ème édition du Printemps des Poètes, Louise Glück, Prix Nobel de littérature 2020, est enfin éditée en France, chez Gallimard.

Pour finir, je vous invite à (ré)écouter l’émission de Denis Cheissoux « CO2 mon amour » qui recevait aujourd’hui notre musicien poète, Alain Larribet.

Dans la lettre de la semaine prochaine, je vous parlerai du nouveau roman d’un des chouchous de L’Escapade : Erwan Larher.
« Indésirable » est sorti le 18 mars, mais a du mal à rejoindre Oloron. Je vous en parle donc après son arrivée.

PS : au cas où l’information vous aurait échappé, le couvre-feu est repoussé d’une heure : la librairie vous accueille donc jusqu’à 18h45 pour une fermeture effective à 19h00.

Bonne semaine

Cédric

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Semaine 10

Bonjour à toutes et tous,

Mars et ses giboulées, dimanche et la lettre hebdo de la librairie en dix photos.

Dans les idées de lectures de la semaine :

« La grande confusion » de Philippe Corcuff aux éditions Textuel.
Corcuff nous envoie un beau pavé de 670 pages, touffu, documenté, référencé, sur les débats idéologiques actuels. Il nous donne des clés pour tenter de comprendre l’époque politique en France et pour nous aider à lutter contre le confusionnisme ambiant.
Évidemment, le lecteur pourra ne pas être d’accord avec toutes les démonstrations et analogies de l’auteur, mais cet essai est salvateur et autrement plus stimulant que les débats sans fin et souvent superficiels sur les réseaux sociaux. 

« Tempête Yonna » de Cyril Herry aux éditions In-8.
Le hameau de Braconne est coupé du monde quelques jours suite à une tempête. Les arbres tombés à terre et les urgences ailleurs empêchent de rallier ou de sortir de cette communauté d’une quinzaine d’âmes. Sans eau, électricité et autres réseaux de communication, il faudra donc s’entraider, faire passer le collectif avant les désirs individuels, sauvegarder le groupe de la folie des hommes. Une fuite immobile que Cyril Herry décrit fort bien : vous n’aurez aucun mal à ressentir les journées et les nuits passées à Braconne.
Dès que les conditions le permettront, cela pourrait donner une belle rencontre à Oloron et une occasion de parler des éditions In-8.

Des impressions de quelques-unes des dernières lectures de Sylvie, fidèle parmi les fidèles de L’Escapade :
« Brèves de solitude » de Sylvie Germain chez Albin-Michel : un roman humaniste, profond sur fond de Covid et confinement. Une galerie de portraits de solitaires touchante. A lire absolument.
« Betty » de Tiffany McDaniel chez Gallmeister : Un roman âpre sur la condition des femmes et des Indiens. Mais la poésie n’en est pas absente. On se laisse facilement embarquer par le témoignage de la narratrice.
« Les buveurs de vent » de Franck Bouysse chez Albin-Michel : Roman aux allures de western. Une fable tragique racontée dans un style précis, juste et poétique.

Pour finir, vous reconnaîtrez dans la première photo de cette sélection les deux dernières réalisations d’Amandine Laprun ;
et dans la dernière, un clin d’œil à l’ami André Cazetien qui nous a quitté le week-end dernier après 98 années d’une belle vie de luttes et de combats, sans jamais se résigner.
Adishatz André, et que ta Terre tant aimée te soit légère.

Belle semaine à toutes et tous.
Cédric

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Semaine 9

Bonjour à toutes et tous,

comme chaque semaine, voici la sélection photographique subjective de dix ouvrages reçus ces derniers jours.

Avant de vous donner deux idées de lectures, je vous invite à suivre ce lien pour revoir les photos qu’avaient prises Pierre-Emmanuel Michel lors de la première édition du Printemps des Poètes à L’Escapade en mars 2017, avec la venue du parrain de la librairie, Didier Bourda.
« Tenue par un fil à la Giacometti, ta longue silhouette blonde, n’apparaîtra plus que dans notre mémoire » Aurélie D.
Comme nombre d’Oloronais.es, c’est avec surprise que j’ai appris le décès de Pierre-Emmanuel le week-end dernier. Remarquable artiste-photographe, investi dans la vie associative locale, son regard va manquer sur notre cité. Salut voisin.

Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas fait part d’un de vos coups de cœur, voici le dernier de Chantal pour « la forêt aux violons » de Cyril Gély paru chez Albin-Michel en octobre 2020.
« Ce roman raconte l’épopée du Stradivarius, le plus magnifique des violons; œuvre d’un luthier de Crémone au XVIIIème siècle. Avec ce livre, Cyril Géry s’inscrit dans la lignée des plus grands conteurs ! Il contient tous les ingrédients de l’épopée : l’aventure, les belles rencontres, l’amour, l’amitié, le temps long de la quête, la beauté des mots simples et chargés de sens. Bref, un chef-d’œuvre.« 

Dans les sorties de la semaine, il y a « Effacer les hommes » de Jean-Christophe Tixier chez Albin-Michel également.
Après le très sombre cévenol « les mal-aîmés » en 2019, il revient avec un nouveau roman noir, aveyronnais cette fois-ci. A travers l’histoire de trois femmes, JC Tixier poursuit son exploration autour de la culpabilité, du poids du passé, de l’attachement à la terre, des âmes sombres des campagnes.
S’il venait à situer ses prochains romans en Béarn, nous ne serions peut-être pas loin de tenir « notre Faulkner » des saligues du gave de Pau.

Pour conclure cette lettre hebdo sur du second degré, je me demande si cette « crise Covid19 » n’est pas une vaste opération de communication du Syndicat de la Librairie française ?
Depuis la réouverture en mai 2020, l’attachement des clientes et clients aux librairies ne se dément pas. A l’automne, il y a eu un emballement médiatique incroyable autour du « commerce du livre » et voilà que désormais, les librairies sont considérées comme des « commerces essentiels ». (Si l’on reste dans le monde de la Culture, pourquoi ne donne-t-on pas le même qualificatif aux musées, cinémas et autres salles de spectacles ?).
Et cette semaine, l’écrivain Gilles Marchand fait une véritable déclaration d’amour aux libraires.
Je ne sais pas qui s’occupe de la communication au SLF, mais bravo, c’est réussi ! 🙂

Bonne semaine

Cédric

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Semaine 8 : Adishatz Joseph

« Il y a qu’il n’y aura jamais
De
Point final
À la ligne »

Bonjour toutes et tous,

c’est avec une infinie tristesse que j’ai appris le décès de Joseph Ponthus le mercredi 24 février d’un cancer qui l’a fauché en à peine quelques mois.
Depuis ce funeste mercredi, les hommages pleuvent de toute part : de ses consœurs et confrères, des journalistes, des libraires et surtout de ses lectrices et lecteurs.

S’il n’a écrit qu’un roman* « À la ligne : feuillets d’usine » aux éditions La Table ronde (présenté ici), par ses mots et par sa personnalité, Joseph a conquis celles et ceux qui l’ont croisé, même une seule fois.

Pour moi, Joseph,
c’est son roman, dévoré juste avant sa sortie tout début janvier 2019 ;
c’est son engagement dans ce texte qui restera comme un livre majeur du début de ce siècle et qui aura rencontré un succès public et un succès critique ;
c’est ce message envoyé pour lui dire et l’inviter à venir à L’Escapade ;
c’est cet appel téléphonique quelques jours après depuis sa Bretagne pour discuter avec le petit libraire d’Oloron qui aimait tant son roman et qui en parlait beaucoup à ses client.e.s et sur les réseaux ;
c’est la découverte de nos racines communes champenoises, et de ce bar populaire rémois, fréquenté à quelques années d’intervalles au gré de nos études ;
c’est la librairie bondée en mai 2019 pour sa venue, son étonnement devant l’engouement suscité par son roman, et la belle soirée qui a suivi ;
c’est sa rare humanité, toujours attentif à chacune et à chacun dans ses rencontres ;
c’est ce mélange de culture savante et de culture populaire qui faisait de lui un être pas banal ;
c’est la régularité des messages que nous nous envoyions pour prendre des nouvelles ;
c’est sa visite privée il y a un an lors de vacances dans le Sud-Ouest et ce repas familial partagé avec Krystel, son épouse, et leur fidèle Pok-Pok ;
c’est la mise en musique (rock) de son roman par Michel Cloup, Pascal Bouaziz et Julien Rufié ;
c’est aussi l’apéro qu’on ne fera pas chez lui lors de mon prochain passage dans le Morbihan ;
ce sont les messages que vous envoyez à la librairie pour dire combien vous avez aimé son roman « bouleversant, essentiel, poétique, incroyable » et la soirée avec lui, combien il était « drôle, talentueux, sensible, attachant, digne, émouvant, fraternel, étonnant« , combien vous êtes tristes, que vous l’ayez rencontré ou pas.


Ce mercredi 24 février 2021, je crois que c’est Nicolas Mathieu qui a le mieux décrit Joseph :
« A la vérité, le monde littéraire n’est pas si sympathique.
Tant d’ego, de rivalités, d’angoisses et de batailles, de blessures narcissiques, de coups de patte et de faux baisers. Je ne m’exclue pas de la bande et je ne ferai pas de Joseph le saint de vitrail qu’il n’était pas.
Mais tout de même.
Ce mec était la générosité même. Une grande candeur illuminait tout chez lui, jusqu’à son érudition qui semblait prise dans un rayonnement enfantin. Je l’ai vu quelque fois. Nous nous sommes écrit aussi.
Nous avions exactement le même âge et puisque sa disparition convoque notre génération devant le miroir, il faut bien le dire : Joseph avait une grâce qui fait défaut à presque tous, une gentillesse qui dans cette cour d’école des brillants sujets semblait presque incongrue, une douceur, un rire, une facilité à se faire aimer qui rendent sa mort deux fois plus cruelle.
Et puis son livre unique, qui fait justice à quelques vies, dont la sienne, vies d’ouvriers, vies de besogne au petit jour qui blesse les mains et brise le dos, parmi la viande des bêtes et le froid de l’eau courante. Ce livre nous restera. Je t’embrasse Joseph. A bientôt.
« 

Krystel a perdu son époux,
sa maman a perdu son fils unique :
avant tout, je pense à elles.

Un camarade, un ami s’en est allé … mais son roman, ses mots et ces moments de vie partagés resteront

Adishatz, Kenavo Joseph

Cédric

* dans son ancienne vie d’éducateur spécialisé, Joseph avait également accompagné quatre jeunes de banlieue qui avaient raconté leur quotidien dans « Nous … la cité » chez Zones

Je vous invite à lire également les hommages de son ami Éric Poindron et de « son » quotidien régional Ouest-France

Crédit photos de Joseph Ponthus : Emmanuel Beau et François Manière

PS : parce que les lignes de production ne se sont pas arrêtées et la chaîne du livre non plus, vous trouverez également comme chaque semaine ci-dessous dix photos d’ouvrages reçus ces derniers jours.

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Semaine 7 : dans la famille du libraire …

Bonjour,

après cette pause salutaire de quelques jours, c’est le retour de la traditionnelle sélection hebdomadaire en photos (double dose, du coup).

Dans la famille du libraire, vous connaissez la sœur Amandine*.
Aujourd’hui, voici le beau-frère, Joseph, à l’occasion de la sortie de « et l’homme créa les dieux » chez Futuropolis.
Voilà de nombreuses années que Joseph Béhé n’avait pas sorti de bandes dessinées, que ça soit comme dessinateur ou comme scénariste.
Janvier 2021 a vu l’aboutissement de huit années de travail sur l’adaptation de l’essai de Pascal Boyer « et l’homme créa les dieux » paru en 2001 chez Robert Laffont.
Joseph a réussi l’exploit de mettre en cases, en bulles et en dessins cet essai d’anthropologie qui tente de répondre à des questions existentielles telles que « pourquoi les hommes croient en Dieu, ou pas ? », « d’où viennent les religions ? »…
Joseph reprend la trame de l’essai de Pascal Boyer qui passe au tamis des sciences (anthropologie, sciences cognitives, psychologie, biologie … ) les croyance religieuses.
Par un procédé scénaristique assez ludique, Joseph nous entraîne dans les arcanes du cerveau pour nous aider à comprendre comment on peut croire à des choses surnaturelles.
2200 dessins, 368 pages, c’est du riche et du dense qui s’offre à vous : vous poserez cette bande dessinée plusieurs fois pour tenter d’en assimiler toutes les informations complexes mais néanmoins passionnantes, et d’en apprécier les subtilités.
Après l’avoir refermée, vous saurez qu’il vous faudra la lire plusieurs fois tant les réponses qu’elle vous aura apportées ont engendré de multiples autres questions.
Croyant.e ou non, vous serez très certainement bousculé.e dans vos certitudes et intuitions, et amusé.e de retrouver peut-être des « traces » religieuses dans vos habitudes quotidiennes.
C’est aussi un hommage à tous les artistes qui au fil des siècles ont donné formes aux différents symboles religieux.
Cet essai dessiné restera dans le fonds des librairies et des bibliothèques pendant de très nombreuses années.
Dès que la situation sanitaire le permettra, ça sera avec plaisir que nous nous retrouverons avec Joseph Béhé à L’Escapade pour échanger avec vous sur son « chef-d’œuvre ».

Quelques entretiens et chroniques pour en savoir un peu plus : RFI, France Culture, France Inter, Rue89

* en 2020, Amandine Laprun a sorti deux livres jeunesse « juste un fraisier » et « dans ma main » chez Actes Sud junior.
Cette semaine est paru chez Casterman « le dico des câlins » (en duo avec Élisabeth Brami), et deux nouveautés sont à venir en mars chez Nathan.

Je souhaite une bonne rentrée à celles et ceux qui reprennent le chemin de leurs établissements scolaires et la bienvenue aux touristes qui (re)découvrent en nombre notre Haut-Béarn depuis quelques mois.

Cédric

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