Semaine 8 : Adishatz Joseph

« Il y a qu’il n’y aura jamais
De
Point final
À la ligne »

Bonjour toutes et tous,

c’est avec une infinie tristesse que j’ai appris le décès de Joseph Ponthus le mercredi 24 février d’un cancer qui l’a fauché en à peine quelques mois.
Depuis ce funeste mercredi, les hommages pleuvent de toute part : de ses consœurs et confrères, des journalistes, des libraires et surtout de ses lectrices et lecteurs.

S’il n’a écrit qu’un roman* « À la ligne : feuillets d’usine » aux éditions La Table ronde (présenté ici), par ses mots et par sa personnalité, Joseph a conquis celles et ceux qui l’ont croisé, même une seule fois.

Pour moi, Joseph,
c’est son roman, dévoré juste avant sa sortie tout début janvier 2019 ;
c’est son engagement dans ce texte qui restera comme un livre majeur du début de ce siècle et qui aura rencontré un succès public et un succès critique ;
c’est ce message envoyé juste après pour lui dire et pour l’inviter à venir à L’Escapade ;
c’est cet appel téléphonique quelques jours après depuis sa Bretagne pour discuter avec le petit libraire d’Oloron qui aimait tant son roman et qui en parlait beaucoup à ses client.e.s et sur les réseaux ;
c’est la découverte de nos racines communes champenoises, et de ce bar populaire rémois, fréquenté à quelques années d’intervalles au gré de nos études ;
c’est la librairie bondée en mai 2019 pour sa venue, son étonnement devant l’engouement suscité par son roman, et la belle soirée qui a suivi ;
c’est sa rare humanité, toujours attentif à chacune et à chacun dans ses rencontres ;
c’est ce mélange de culture savante et de culture populaire qui faisait de lui un être pas banal ;
c’est la régularité des messages que nous nous envoyions pour prendre des nouvelles ;
c’est sa visite privée il y a un an lors de vacances dans le Sud-Ouest et ce repas familial partagé avec Krystel, son épouse, et leur fidèle Pok-Pok ;
c’est la mise en musique (rock) de son roman par Michel Cloup, Pascal Bouaziz et Julien Rufié ;
c’est aussi l’apéro qu’on ne fera pas chez lui lors de mon prochain passage dans le Morbihan ;
ce sont les messages que vous envoyez à la librairie pour dire combien vous avez aimé son roman « bouleversant, essentiel, poétique, incroyable » et la soirée avec lui, combien il était « drôle, talentueux, sensible, attachant, digne, émouvant, fraternel, étonnant« , combien vous êtes tristes, que vous l’ayez rencontré ou pas.


Ce mercredi 24 février 2021, je crois que c’est Nicolas Mathieu qui a le mieux décrit Joseph :
« A la vérité, le monde littéraire n’est pas si sympathique.
Tant d’ego, de rivalités, d’angoisses et de batailles, de blessures narcissiques, de coups de patte et de faux baisers. Je ne m’exclue pas de la bande et je ne ferai pas de Joseph le saint de vitrail qu’il n’était pas.
Mais tout de même.
Ce mec était la générosité même. Une grande candeur illuminait tout chez lui, jusqu’à son érudition qui semblait prise dans un rayonnement enfantin. Je l’ai vu quelque fois. Nous nous sommes écrit aussi.
Nous avions exactement le même âge et puisque sa disparition convoque notre génération devant le miroir, il faut bien le dire : Joseph avait une grâce qui fait défaut à presque tous, une gentillesse qui dans cette cour d’école des brillants sujets semblait presque incongrue, une douceur, un rire, une facilité à se faire aimer qui rendent sa mort deux fois plus cruelle.
Et puis son livre unique, qui fait justice à quelques vies, dont la sienne, vies d’ouvriers, vies de besogne au petit jour qui blesse les mains et brise le dos, parmi la viande des bêtes et le froid de l’eau courante. Ce livre nous restera. Je t’embrasse Joseph. A bientôt.
« 

Krystel a perdu son époux,
sa maman a perdu son fils unique :
avant tout, je pense à elles.

Un camarade, un ami s’en est allé … mais son roman, ses mots et ces moments de vie partagés resteront

Adishatz, Kenavo Joseph

Cédric

* dans son ancienne vie d’éducateur spécialisé, Joseph avait également accompagné quatre jeunes de banlieue qui avaient raconté leur quotidien dans « Nous … la cité » chez Zones

Je vous invite à lire également les hommages de son ami Éric Poindron et de « son » quotidien régional Ouest-France

Crédit photos de Joseph Ponthus : Emmanuel Beau et François Manière

PS : parce que les lignes de production ne se sont pas arrêtées et la chaîne du livre non plus, vous trouverez également comme chaque semaine ci-dessous dix photos d’ouvrages reçus ces derniers jours.

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Semaine 7 : dans la famille du libraire …

Bonjour,

après cette pause salutaire de quelques jours, c’est le retour de la traditionnelle sélection hebdomadaire en photos (double dose, du coup).

Dans la famille du libraire, vous connaissez la sœur Amandine*.
Aujourd’hui, voici le beau-frère, Joseph, à l’occasion de la sortie de « et l’homme créa les dieux » chez Futuropolis.
Voilà de nombreuses années que Joseph Béhé n’avait pas sorti de bandes dessinées, que ça soit comme dessinateur ou comme scénariste.
Janvier 2021 a vu l’aboutissement de huit années de travail sur l’adaptation de l’essai de Pascal Boyer « et l’homme créa les dieux » paru en 2001 chez Robert Laffont.
Joseph a réussi l’exploit de mettre en cases, en bulles et en dessins cet essai d’anthropologie qui tente de répondre à des questions existentielles telles que « pourquoi les hommes croient en Dieu, ou pas ? », « d’où viennent les religions ? »…
Joseph reprend la trame de l’essai de Pascal Boyer qui passe au tamis des sciences (anthropologie, sciences cognitives, psychologie, biologie … ) les croyance religieuses.
Par un procédé scénaristique assez ludique, Joseph nous entraîne dans les arcanes du cerveau pour nous aider à comprendre comment on peut croire à des choses surnaturelles.
2200 dessins, 368 pages, c’est du riche et du dense qui s’offre à vous : vous poserez cette bande dessinée plusieurs fois pour tenter d’en assimiler toutes les informations complexes mais néanmoins passionnantes, et d’en apprécier les subtilités.
Après l’avoir refermée, vous saurez qu’il vous faudra la lire plusieurs fois tant les réponses qu’elle vous aura apportées ont engendré de multiples autres questions.
Croyant.e ou non, vous serez très certainement bousculé.e dans vos certitudes et intuitions, et amusé.e de retrouver peut-être des « traces » religieuses dans vos habitudes quotidiennes.
C’est aussi un hommage à tous les artistes qui au fil des siècles ont donné formes aux différents symboles religieux.
Cet essai dessiné restera dans le fonds des librairies et des bibliothèques pendant de très nombreuses années.
Dès que la situation sanitaire le permettra, ça sera avec plaisir que nous nous retrouverons avec Joseph Béhé à L’Escapade pour échanger avec vous sur son « chef-d’œuvre ».

Quelques entretiens et chroniques pour en savoir un peu plus : RFI, France Culture, France Inter, Rue89

* en 2020, Amandine Laprun a sorti deux livres jeunesse « juste un fraisier » et « dans ma main » chez Actes Sud junior.
Cette semaine est paru chez Casterman « le dico des câlins » (en duo avec Élisabeth Brami), et deux nouveautés sont à venir en mars chez Nathan.

Je souhaite une bonne rentrée à celles et ceux qui reprennent le chemin de leurs établissements scolaires et la bienvenue aux touristes qui (re)découvrent en nombre notre Haut-Béarn depuis quelques mois.

Cédric

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Semaine 5

Bonjour,

une très courte lettre hebdomadaire pour vous rappeler que cette semaine, la librairie sera ouverte
mardi 09 de 9h30 à 12h00 et de 14h30 à 17h45,
et mercredi 10 de 09h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h45.
Ensuite, je fais une courte pause pour vous retrouver en pleine forme à partir du mercredi 17 février à 9h30.

Profitez de vos vacances pour faire descendre votre Pile à Lire (PAL), il y a de belles lectures qui se profilent pour le mois de mars.

Bonne semaine

Cédric

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Semaine 4

Bonjour,

retour dominical subjectif sur dix nouveautés reçues ces derniers jours.
Avant de vous suggérer deux idées de lecture, je vous rappelle que la librairie sera fermée pour congés du jeudi 11 au mardi 16 février inclus : soyez prévoyant.e.s dans vos commandes, notamment scolaires.
Sauf changement, jusqu’au 11 février, vous pouvez donc venir à la librairie du mardi au samedi de 9h30 à 12h00 et de 14h30 à 17h45 ou téléphoner à ces mêmes horaires au 05 59 39 40 30.
Vous pouvez continuer à passer vos commandes 24 heures sur 24 en envoyant un courrier électronique à librairie.escapade@gmail.com ou sur www.librairies-nouvelleaquitaine.com
Je vous rappelle également que vous pouvez vous faire livrer à vélo sur Oloron par Eat’s Maud.

Le 4 février sortira aux éditions Goutte d’or un premier roman noir d’anticipation, néanmoins ultra-réaliste, « la Pierre jaune » du journaliste Geoffrey Le Guilcher.
Pour son premier roman, il nous plonge dans une catastrophe nucléaire en France de manière extrêmement crédible. Il explore ainsi un futur possible qui ne va pas rassurer les lecteurs déjà inquiets sur la sécurité de nos installations nucléaires et sur la gestion d’une crise majeure.
Geoffrey Le Guilcher a enquêté sur l’usine nucléaire de La Hague durant plusieurs années. En 2011, il a pu obtenir une autorisation préfectorale de visiter ce site quasi inaccessible. S’il est très renseigné sur le nucléaire, il est également connu pour son infiltration dans un abattoir industriel qui a donné « Steak machine » aux éditions Goutte d’or.
On peut également le « soupçonner » d’être très bien renseigné sur les milieux activistes écologistes et/ou à tendance « anarcho-autonome » tant « les Jauniens » sont crédibles.
Présentation de l’éditeur : « Un jour de pluie, Jack Banks surgit à la Pierre jaune, lieu-dit d’un village breton situé dans la presqu’île de Rhuys. Ce policier doit infiltrer une communauté d’activistes, les “Jauniens”. Mais le plan ne se déroule pas comme prévu. À 300 km de là, deux avions percutent l’usine nucléaire de la Hague, plongeant une partie de la France et de l’Angleterre dans le chaos. Pluies acides, radioactivité, la Bretagne compte parmi les zones à évacuer. Les Jauniens décident de rester sur leur presqu’île. Contre son gré, Jack les imite. Une survie en territoire contaminé débute. “La Pierre jaune” est issue d’une hypothèse scientifique admise par l’État français : un attentat contre La Hague serait au moins sept fois plus grave que Tchernobyl. Le personnage de Jack est inspiré de Mark Kennedy, le policier anglais qui a infiltré des milieux anarchistes – notamment en France – durant sept ans.« 

Que l’on soit d’accord ou pas avec son propos, dans son « Tracts Gallimard » intitulé « de la démocratie en Pandémie ; santé, recherche, éducation« , la philosophe Barbara Stiegler délivre une critique de la gestion gouvernementale de la crise sanitaire, loin du complotisme et du confusionnisme ambiant.
Elle dénonce également la numérisation à outrance de l’enseignement et l’explosion des inégalités : court texte salutaire.

En vous souhaitant de passer une belle semaine,

Cédric

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Semaine 3

Bonjour,

avec un peu de retard, voici la sélection hebdomadaire de dix nouveautés reçues ces derniers jours.

Avant de vous proposer une idée de lecture, je vous fais ces deux rappels :

* jusqu’à nouvel ordre gouvernemental, la librairie ferme à 17h45.
Vous pouvez donc venir à la librairie du mardi au samedi de 9h30 à 12h00 et de 14h30 à 17h45 ou téléphoner sur ces mêmes horaires au 05 59 39 40 30.
Vous pouvez continuer à passer vos commandes 24 heures sur 24 en envoyant un courrier électronique à librairie.escapade@gmail.com ou sur www.librairies-nouvelleaquitaine.com

* sauf changement, la librairie sera fermée pour congés du jeudi 11 au mardi 16 février inclus : soyez prévoyant.e.s dans vos commandes, notamment scolaires.

Cette semaine, je vous propose « en descendant la rivière » de Edward Abbey aux éditons Gallmeister.
Inédit en France, ce recueil de 12 textes datant de 1982 est un ouvrage typique de « nature writing ».
Au gré de diverses descentes de rivières en Amérique du Nord, Abbey alterne réflexions sur la nature qui l’entoure, sur le monde tel qu’il va, ou encore sur l’importance de Thoreau aux États-Unis.
Je ne sais pas si Abbey était en avance sur son temps, mais en tout cas, ses réflexions sont très en phase avec notre époque. Voilà qui m’a donné envie de relire son célèbre « gang de la clé à molette ».

« Nous voyons, par exemple, les économistes conventionnels réclamer un accroissement de la « productivité ». La productivité de quoi ? Au bénéfice de qui ? Dans quel but ? Par quels moyens et à quel prix ? Ces questions-là ne sont pas prises en compte. Nos politiciens, nos hommes d’affaires, nos chefs militaires et la clique de scribes qui les sert nous rabâchent perpétuellement que la « croissance » et le « pouvoir » sont intrinsèquement bons, et que nous ne pourrons jamais en avoir assez, ni même trop. Comme si le gigantisme était une fin en soi. » page 66.
« L’agrobusiness est un phénomène moderne qui s’est développé en réponse aux besoins urgents d’une population humaine en expansion rapide. Il n’est pas certain que ce genre d’agriculture à grande échelle, qui dépend lourdement de projets d’endiguement et de canalisations d’eau, des carburants fossiles, des engrais chimiques et d’autres d’investissements gourmands en capital puisse survivre longtemps, son avenir semble discutable. » page 134.

En vous souhaitant une belle semaine

Cédric

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Semaine 2

Bonjour,

comme chaque semaine, un sélection subjective en photos de dix ouvrages reçus dans la semaine.

Deux idées de lecture pour vos longues soirées à venir :

« La dixième muse » de Alexandra Koszelyk aux éditions aux Forges de Vulcain.
Après son premier roman « à crier dans les ruines » très apprécié à L’Escapade, Alexandra Koszelyk s’attaque à Apollinaire sous un angle inattendu.
Plume imaginative, conte poétique, laissez-vous embarquer par ce second roman très réussi.
L’invitation est lancée : dès que la situation le permettra, j’aimerai beaucoup qu’Alexandra vienne nous parler de ses romans à Oloron.

Présentation de l’éditeur : « Au cimetière du Père Lachaise, des racines ont engorgé les canalisations. Alors qu’il assiste aux travaux, Florent s’égare dans les allées silencieuses et découvre la tombe de Guillaume Apollinaire. En guise de souvenir, le jeune homme rapporte chez lui un mystérieux morceau de bois. Naît alors dans son cœur une passion dévorante pour le poète de la modernité.
Entre rêveries, égarements et hallucinations vont défiler les muses du poète et les souvenirs d’une divinité oubliée : Florent doit-il accepter sa folie, ou croire en l’inconcevable ?
Dans cet hommage à la poésie et à la nature, Alexandra Koszelyk nous entraîne dans une fable écologique, un conte gothique, une histoire d’amours. Et nous pose cette question : que reste-il de magique dans notre monde ?
« 

« Vivonne » de Jérôme Leroy aux éditions La Table ronde.
Grâce à l’ami Ponthus, je viens de finir la nouveau roman de Jérôme Leroy.
Si ce roman navigue entre les genres littéraires (anticipation, noir, poésie,…) et passe de la nostalgie à un présent ou un futur proche plus qu’angoissant, il nous invite à préserver la beauté et la douceur. L’auteur nous laisse à penser que la poésie et la littérature dans son ensemble sauveront le monde. Chiche ?

Présentation de l’éditeur : « Alors qu’un typhon dévaste l’Ile-de-France, l’éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l’Odéon : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles.
Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mystérieusement en 2008, il y a presque vingt ans. Qu’est devenu Vivonne ?
Partout en Europe, la « balkanisation climatique » sévit et les milices s’affrontent tandis que la multiplication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s’effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au cœur de ses poèmes ?
« 

La semaine dernière, je vous parlais de « encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba, voici le retour de Sandra, visiteuse fidèle de la librairie : « Tous ceux qui ont aimé « La survivance » de Claudie Huntzinger aimeront s’isoler avec Anouk dans la cabane au Kamouraska. C’est aussi une invitation au voyage grâce à a langue québécoise sucrée comme le sirop d’érable et généreuse comme une poutine et son humour.« 


Avant de vous souhaiter une bonne semaine, deux rappels :

– jusqu’à nouvel ordre gouvernemental, la librairie ferme à 17h45.
Après discussion avec vous lors de vos visites à la librairie, il n’a pas semblé utile de modifier encore plus les horaires d’ouverture pour les deux prochaines semaines.
Vous pouvez donc venir à la librairie du mardi au samedi de 9h30 à 12h00 et de 14h30 à 17h45 ou téléphoner sur ces mêmes horaires au 05 59 39 40 30.
Vous pouvez continuer à passer vos commandes 24 heures sur 24 en envoyant un courrier électronique à librairie.escapade@gmail.com ou sur www.librairies-nouvelleaquitaine.com

– sauf modification trop importante des restrictions en cours (en clair, si un troisième confinement devait voir le jour), la librairie sera fermée pour congés du jeudi 11 au mardi 16 février inclus : soyez prévoyant.e.s dans vos commandes, notamment scolaires.

Belle semaine.

Cédric

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Semaine 1

Bonjour,

la lettre hebdomadaire reprend son format habituel, à savoir une sélection de 10 ouvrages en 10 photos sans commentaire.

Cette semaine, un conseil de lecture de circonstance : le premier roman édité en France par les éditions « le Mot et le Reste » de l’autrice québécoise Gabrielle Filteau-Chiba « encabanée ».
Si vous en avez assez de votre « confinement » européen, essayer de vous encabaner dans le grand froid canadien avec ce (trop) court roman.
L’autrice nous relate ces quelques jours d’un rude hiver passés dans une cabane rustique, débarrassée du superflu de la société de consommation et reconnectée à cette nature qu’elle souhaite préserver.
[en savoir un peu plus sur www.lesuricate.org ]

En vous souhaitant un bon dimanche sous les quelques centimètres de neige tombés cette nuit et une belle semaine.

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2020-2021

Bonjour à toutes et à tous,

voici donc la première lettre d’infos de la librairie pour 2021.

Je ne reviens pas trop longuement sur cette année 2020 éprouvante mais je veux néanmoins retenir deux points positifs qui donnent confiance pour les années à venir :

1/ malgré le confinement total printanier puis un confinement partiel en novembre, malgré les incertitudes sanitaires, sociales et économiques, vous avez été nombreuses et nombreux à soutenir fortement l’Escapade, et plus globalement les librairies indépendantes.
Si les librairies indépendantes restent des commerces fragiles structurellement, votre engouement nous a réellement ébahi, réjoui, enthousiasmé, rassuré …
Je compte sur vous pour apporter le même soutien aux autres entreprises et associations culturelles quand elles pourront reprendre leurs activités : les spectacles, concerts et autres films nous manquent vraiment (tout comme les restaurants et autres bars et cafés).

2/ au-delà des librairies, il semble que les commerces, artisans et producteurs locaux qui ont pu rester ouverts aient eux aussi bénéficié d’un regain d’intérêt de la part des consommateurs.
Espérons que cette crise permette une prise de conscience globale sur l’importance des acteurs économiques de proximité et que la dynamique territoriale se joue avant tout avec eux, et pas avec les multinationales apatrides, quand bien même elles voudraient s’implanter localement.

Si certains acteurs économiques se sont adaptés aux nouvelles pratiques induites par le contexte, nous avons vu également éclore de nouvelles solidarités locales citoyennes.
C’est d’ici, du Haut-Béarn, de nos territoires de vie respectifs que nous réorienterons l’économie locale vers plus de proximité, vers moins de concentration entre les mains de quelques-un.e.s, vers plus de protection de notre environnement naturel, vers plus d’échanges, de plaisirs et de partages.

Revenons-en au cœur de métier d’un libraire : la littérature !
Dans la dernière lettre d’infos, je vous présentais mes douze « chouchous » de l’année. J’en viens maintenant à vous dévoiler les 10 meilleures ventes de l’année 2020 à L’Escapade.
Ce qui différencie, entre autres, une librairie indépendante d’une grosse structure, c’est son top 10 des ventes, souvent loin des classements nationaux et médiatiques.
Si les numéros 2 et 6 de 2020 doivent beaucoup à leur actualité médiatique, tous les autres titres reflètent bien mes choix, les vôtres et l’enracinement local de la librairie.

1/ Sans surprise « Le foulard rouge » de Patrick Fort arrive largement en tête. La proximité du Camp de Gurs y est évidemment pour beaucoup, tout comme la belle histoire entre Giovanni et Maylis admirablement contée par Patrick Fort.
Patrick aurait dû être à Oloron en mai pour le Salon du livre puis en novembre pour une rencontre … la Covid-19 nous a empêché, ce n’est que partie remise pour 2021 (avec l’aide de l’association « livres sans frontière »).

2/ « L’anomalie » de Hervé Le Tellier, Prix Goncourt 2020 : et ce, malgré le peu d’empressement qu’a mis le distributeur des éditions Gallimard pour livrer les petites structures comme la mienne en décembre.

3/ Si « Nature humaine » de Serge Joncour a reçu le Prix Fémina en novembre, je l’avais repéré en août dès sa sortie, peut-être à cause de mon histoire familiale. Je crois que Serge Joncour est un des auteurs français qui sait le mieux écrire, avec pudeur et modestie, sur les rapports humains dans les milieux ruraux et paysans.

4/ L’ancrage béarnais et aspois du nouveau roman noir « Entre Fauves » de Colin Niel n’est pas étranger à cette quatrième place. Un roman qui peut faire vaciller quelques certitudes pour qui aurait des idées très arrêtées.

5/ On change de vallée pour se plonger dans les années 60 à Arette avec « Rue Paillassère », le récit autobiographique de Janette Ananos; Janette qui aurait dû venir également à la librairie en novembre pour dédicacer son récit. Nous la retrouverons, j’espère, sur le salon du livre d’Oloron en mai 2021.

6/ le tome 5 de « L’Arabe du futur » de Riad Sattouf a très bien fonctionné à l’Escapade, tout comme les autres tomes de la série. De quoi me donner envie de renforcer le rayon bandes dessinées en 2021.

7/ la belle surprise de l’année avec cette septième place pour un roman paru en 2013 chez Phébus, ici présenté dans sa version poche paru en 2014 chez Libretto « Rêve général » de Nathalie Peyrebonne.
Lu fin mars en plein confinement, je vous en ai parlé tout le reste de l’année et vous avez aimé également cette « journée différente, libératrice et libertaire, où chacun se prend à rêver d’autre chose qu’une petite vie mesquine pas vraiment choisie, de faire un pas de côté.
Subitement, « sans agressivité ni revendication, la France s’arrête progressivement et se met à rêver d’une vie différente, où tout ne tournerait pas autour des mots martelés quotidiennement de « travail » et « d’efficacité ».

8/ Comme presque tous les ans, Gilles Vincent place son dernier roman dans les meilleurs ventes de l’Escapade. Cette année, il aura été le seul auteur à pouvoir venir à la librairie, tout début mars, pour son très bon « les Poupées de Nijar ». Je crois que Gilles a plusieurs sorties prévues en 2021 : pourra-t-il en placer plusieurs dans ce classement ?

9/ Mon premier coup de cœur de janvier 2020 qui nous aura accompagné toute l’année : il faut dire que nous avons eu besoin de rire cette année : « Le répondeur » de Luc Blanvillain était le roman conseillé pour cela.

10/ Corinne Morel-Darleux était numéro 2 dans le classement 2019, elle est encore numéro 10 dans le classement 2020. Si Corinne ne doit pas être une grande adepte des classements, je la sais ravie que son essai politico-littéraire « Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce » continue à vivre sa vie de main en main, de rencontre en rencontre.

Voilà une belle année passée, malgré tout, où j’aurai eu plaisir à défendre des livres, des autrices, des auteurs et des maisons d’éditions, à échanger avec vous.
Je n’ose vous présenter mes meilleurs vœux pour 2021, mais je nous souhaite de pouvoir à nouveau participer à de belles rencontres à la librairie, de pouvoir échanger nos coups de cœur littéraires, de pouvoir retourner dans les cinémas et salles de spectacles, restaurants et cafés, pour confronter nos idées, nos envies et nos réflexions ailleurs que sur les réseaux sociaux, dans la vraie vie.

Rendez-vous la semaine prochaine pour des lettres hebdomadaires qui reprendront leur format habituel (dix nouveautés reçues en dix photos) et quelques conseils de lecture.

Merci encore à chacune et à chacun pour cette folle année.

Cédric

PS :

dans la longue liste des remerciements, je n’oublie pas
* les bénévoles et salarié.e.s de l’association « Librairies indépendantes en Nouvelle-Aquitaine » et du « Syndicat de la Librairie Française » qui nous ont si bien accompagné durant cette année particulière ;
* les représentant.e.s des maisons d’éditions et de distribution qui ont eu à défendre également leurs autrices et auteurs dans des conditions compliquées.


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Semaine 50 : la dernière lettre d’infos de l’année

Bonjour,

à défaut de nouveautés cette semaine, je vous propose en photos mes douze « chouchous » de 2020 (dont un intrus qui est plus ancien, mais lu cette année durant les premières semaines du confinement printanier). Cette mise en avant de douze titres ne présage pas de leur présence dans la liste des dix meilleures ventes de l’année que, traditionnellement, je vous présente tout début janvier.
Certaines autrices et certains auteurs auraient dû venir parler de leurs ouvrages respectifs à la librairie ou sur le salon du livre d’Oloron : la COVID en aura décidé autrement.
Seul Gilles Vincent est venu nous présenter son très bon « Les poupées de Nijar » (éd. Au Diable Vauvert) début mars. Depuis, aucune rencontre ou séance de dédicaces n’a pu être organisée dans des conditions satisfaisantes (hormis la Fête de la librairie indépendante décalée en juin).
Espérons que 2021 soit plus propice à ces rencontres en librairie que nous affectionnons tant.

Nous entamons la dernière ligne droite avant les vacances et fêtes de fin d’année.
Je ne vous rappelle pas les « règles sanitaires imposées« ; vous les respectez parfaitement et je vous en remercie.
En plus des jours et horaires habituels, la librairie sera ouverte :
lundi 14, de 14h00 à 18h00
dimanche 20, de 10h00 à 17h00
lundi 21, de 9h30 à 12h00 et de 14h30 à 19h00.
La librairie fermera jeudi 24 à 17h00 et sera fermée le samedi 26.

Comme je l’écris depuis de (trop) longues semaines déjà, la chaîne logistique du livre est très perturbée en ces temps covidiens.
En plus du nombre invraisemblable de nouveautés en réimpression, les délais de livraison s’allongent inexorablement en décembre (comme tous les ans, mais encore plus cette année).
90% de vos commandes passées avant samedi 12 à 20h00 arriveront le 24 au plus tard (les 10% restants font partie des impondérables habituels : colis dérouté ou perdu, livre reçu abîmé à recommander, réimpression,…).
Par contre, pour les commandes passées après le 12 à 20h00, je ne garantis absolument pas que vous les aurez en intégralité avant le 25/12. Plus le temps passe et plus vos chances de les recevoir avant la date fatidique s’amenuisent.
Néanmoins, les rayons de la librairie sont suffisamment achalandés pour que vous puissiez y trouver votre bonheur. Et si vraiment vous êtes en panne d’inspiration, les chèques cadeaux de L’Escapade sont également une option.

Avant de conclure ce billet dominical, je réitère mon soutien aux professionnel.le.s de la restauration, du tourisme et de l’événementiel et à toutes les actrices et tous les acteurs du monde culturel dans toute leur diversité, quelque soit leur statut : cinémas, salles de spectacles, artistes, technicien.ne.s, prestataires ….
« Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude » Albert Camus.

En cette année si particulière, je vous souhaite de passer de belles fêtes de fin d’année avec vos proches et celles et ceux qui vous sont chers.

Cédric

PS : L’opération « Donnez à lire » est terminée. Certes, l’opération a été allongée pour tenir compte du contexte, mais vous avez été encore plus généreux que les années passées : vous avez offert 80 livres jeunesse à destination des familles accompagnées par le Secours populaire d’Oloron. Merci pour elles.

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Semaine 49

Bonjour,

une courte lettre ce dimanche pour vous rappeler les quelques consignes sanitaires et les informations sur les délais qui s’allongent dont je vous faisais déjà part la semaine dernière.


Comme moi, vous vous interrogez également sur le nombre « impressionnant » d’ouvrages en réimpression à l’approche des fêtes de fin d’année (Obama, Bleu, Ceux de 14, On va déguster l’Italie, Des souris et des hommes, etc etc ….).
Si ce problème est récurrent chaque année à cette période, il est renforcé en 2020 par deux facteurs :
– depuis la fin du premier confinement, il semble que les livres soient finalement à nouveau des produits essentiels avec des ventes en hausse dans les « magasins physiques » ; c’est donc plutôt une bonne nouvelle pour les librairies, maisons d’éditions et les autrices et auteurs, même s’il y a évidemment beaucoup de disparités.
– le confinement et la crise sanitaire ont également impacté les imprimeurs qui font face à des difficultés d’approvisionnement en papier, ce qui rallonge d’autant plus les délais de réimpression (et pourtant, aujourd’hui, la très grande majorité des livres vendus en France sont imprimés sur le territoire national ou européen).

Cette semaine, la librairie sera ouverte comme d’habitude (rappel ici).
Les jours seront étendus à partir de la semaine suivante comme suit : le lundi 14 décembre de 14h00 à 18h00, le dimanche 20 de 9h30 à 17h00 et le lundi 21 de 9h30 à 12h00 et de 14h30 à 19h00.
Vous avez jusqu’à samedi 12 pour participer à l’opération « donnez à lire » avec le Secours populaire.

Consignes sanitaires imposées :
– port du masque (couvrant le nez et la bouche) ;
– désinfection de vos mains au gel hydro-alcoolique à l’entrée ;
– sortie par la porte arrière de la boutique ;
– 8 personnes maximum en même temps ;
– respect des 1,50 mètres entre deux personnes ;
– les « zones contact » sont régulièrement désinfectées et le local ventilé.

La livraison à vélo avec Maud est toujours possible pour les Oloronais.es, tout comme le « dépôt » au Fournil de Lasseube chez Isabelle, pour les Lasseubois.es.
Pour vos commandes, continuez à privilégier librairie.escapade@gmail.com ou www.librairies-nouvelleaquitaine.com, mais sachez que le 05 59 39 40 30 fonctionne à nouveau (même si je ne peux pas toujours décrocher).
Et enfin, derniers rappels nécessaires :
– les délais de livraison s’allongent au fur et à mesure que nous nous rapprochons de Noël.
– il n’est pas nécessaire de me contacter pour savoir où en est votre commande : si je ne vous ai pas laissé de message, c’est que votre commande complète n’est pas arrivée.
La chaîne logistique du livre voit sa charge de travail augmenter comme tous les ans à cette période, avec des contraintes sanitaires supplémentaires cette année : soyons patient.e.s.

Quoi qu’il en soit, nous avons enfin un temps de saison : s’il pleut et fait froid sur notre piémont, les Pyrénées vont bientôt nous offrir le plus beau des paysages enneigés pour la fin 2020 … qu’il nous reste au moins ça !

Bon dimanche

Cédric

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