L’Océan d’en haut

visuel« L’ océan d’en haut« , extrait du poème Dieu de Victor Hugo, par Bruno Spiesser et Frédéric Jouanlong.
Vendredi 15 mars 2019 à 21h00 à la librairie L’Escapade, dans le cadre du Printemps des Poètes.
Entrée libre, mais participation aux frais souhaitée.

Le Colisée de la nature, le champ de bataille cosmique, le vent, la goutte d’eau, le choc auditif et visuel, les fracas infimes et gigantesques, les plus beaux vers d’un Hugo désarmé face à « cette incommensurable et farouche architrave ».
Bruno Spiesser et Frédéric Jouanlong disent et habillent les mots du poète en voix et ressentis sonores. Gavarnie porte bien son surnom : L’Océan d’en haut.

Genèse
Victor Hugo vient dans les Hautes-Pyrénées pendant l’été 1843. C’est un voyage d’un observateur prodigieux si l’on réalise combien son séjour fut bref, une quinzaine de jours entre Luz-Saint-Sauveur, Cauterets et Gavarnie.
Le choc, la révélation de ces montagnes ont été si puissants que douze ans plus tard écrivant le poème « Dieu » il y intègre la création des Pyrénées et la genèse de Gavarnie dans une magistrale explication poétique de l’érosion.
Le cirque a marqué Hugo comme une impression magistrale et ineffaçable et sous sa plume il devient amphithéâtre, haut-lieu, champ de bataille cosmique où se fait entendre l’autre voix, dédoublement lyrique du poète face à sa propre pensée. Pensée d’ombre, de doute, de crainte mais aussi de gigantesque connaissance, de fabuleuses réminiscences mythologiques, bibliques, légendaires.
Hugo fascine par son éloquence, ses cascades retentissantes de mots et d’images, ses échos éberlués de bruits et de rythmes. Silence, tonnerre, paix, batailles, amour, terreur, chuchotement : tout s’y rejoint. A travers le déferlement des mots, des images, des chocs auditifs et visuels, le fil conducteur est d’une clarté et d’une logique rigoureuse, implacable, pour qui accepte d’être saisi, entraîné, envoûté. Au final des descriptions fulgurantes se posent ainsi que les furtives questions de « L‘horloger derrière le cadran » du « Faiseur éternel » du « Très haut quelconque ». On se plaît à penser que la goutte d’eau y est malgré tout pour quelque chose.

Interprétation
Les deux voix se répondent, se superposent, se font écho. Respirer, déclamer, rouler, caresser, attaquer, chuchoter, susurrer les mots… Faire entendre. Faire entendre le vent, le vent qui souffle, le vent qui chante… Ajuster les gouttes, les filets d’eau, les fracas, infimes et gigantesques…Appréhender les forces cosmiques et le temps qui s’allonge à l’infini….
Faire dialoguer et traduire, par-delà l’espace et le temps, la parole d’un poète et l’écho de ses interrogations éternelles…Les ambiances sonores contribuent à nous plonger au cœur même du relief, de l’abîme, des profondeurs, des forces titanesques et sublimes. Elles appuient, effacent, mesurent, ponctuent, rythment, embellissent le verbe et la verve du poète.

Crédit photo : L'établi - Emmanuel Beau

Crédit photo : L’établi – Emmanuel Beau

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